Entre la sortie de l'OEil Clos et la rédaction de Taupe, j'ai écrit un petit roman : Morfal.
Une ex-dealeuse y découvre des pouvoirs de sorcière et suit un apprentissage tout en combattant différentes légendes urbaines.
J'ai reçu sept refus pour ce roman, et je n'attends plus vraiment les réponses des cinq éditeurs restant (qui ont reçu le manuscrit entre février et mai 2011).
Quelles furent les raisons de ces refus ?
La plupart des éditeurs se sont contentés d'une lettre-type, mais Le Bélial' a pointé du doigt ce qui doit être le problème majeur : C'est un livre jeunesse !
Si ça n'était que ça, je me serais redirigé vers des éditeurs s'intéressant à un public jeune. Mais le problème c'est que mon écriture a commencé à changer durant la rédaction du roman.
J'en étais en effet à la moitié de la rédaction quand j'ai pris la décision de destiner mes futurs textes à la jeunesse.
J'ai décidé de le terminer tel quel (pour adultes) plutôt que de le recommencer à zéro (pour ados), ce qui fut probablement une mauvaise idée : Morfal se retrouve avec des thèmes adultes (tentative de viol, drogues...) et un style plus "ado" (action, divertissement...).
Il est actuellement très difficile de publier un divertissement fantastique pour adultes en France, le créneau étant quasiment exclusivement réservé aux traductions anglaises.
Le livre souffre d'autres problèmes (structure, personnages...) que je distingue mieux aujourd'hui. J'ai beaucoup appris depuis, et je continue à apprendre.
Quel futur pour un roman refusé ?
Il me semble évident que je dois ré-écrire Morfal pour la jeunesse, en corrigeant les problèmes détectés, et en m'orientant vers du divertissement dynamique avec des personnages style "dessin animé", dans le genre de Skully Fourbery.
Ça ne sera pas pour tout de suite. Je corrige actuellement Taupe, puis je passerais à un autre projet dont la préparation est bien entamée.
La ré-écriture de Morfal s'ajoute à la pile des nombreux projets qui suivront.
En attendant, je cumule les notes et les idées. Et surtout, j'apprends ! Chaque projet, finalisé ou non, publié ou non, me permet d'évoluer.
Nico Bally
Auteur d'histoires étranges
vendredi 13 janvier 2012
vendredi 6 janvier 2012
Cartographie des rêves
Les rêves ont-ils une géographie fixe ?
J'ai rêvé cette nuit de la Cité du Soleil, et je me suis rendu compte que c'était peut-être le seul lieu onirique que je n'avais pas encore exploité dans mes textes.
Bien sûr je rêve d'endroits réels, même s'ils sont souvent légèrement différents dans mon sommeil (et ces différences sont constantes dans chaque rêve). Mais il m'arrive aussi de rêver de lieux jusqu'alors inconnus, qui tiennent souvent d'une géographie interne, émotionnelle et psychologique.
Au commencement il y eût Cendrécume, une cité-brouillard qui me poussa à écrire un texte, ma première nouvelle. La ville n'était alors qu'une rue grise peuplée de fantômes. Puis elle est revenue, se précisant à chaque rêve, et se mêlant rapidement à mes textes et à d'autres influences. J'ai écris de nombreuses histoires à son sujet, et je compte bien continuer.
Mais il y a aussi la Cité du Soleil. Elle me semblait être tout le contraire de Cendrécume : des rues animées, des façades dorées (notamment un gigantesque cadran solaire), et sous la cité une rivière d'or en fusion, coeur même de la ville.
Je me souviens très bien de ce premier rêve, je déambulais dans les rues, entre les cracheurs de feux et les jongleurs. Je me demandais ce qui rendait cette cité si belle et brillante. Puis j'arrivais sous la ville, dans ce qui pourrait être des égouts (mais propres !). J'y voyais un courant doré, merveilleux, hypnotique. Je comprenais que c'était le coeur de la cité, la raison de sa vitalité et de sa beauté.
Ce rêve était inspiré par l'espèce de Voie Lactée qui coule sous le monde dans Mushisi, dont j'avais regardé un épisode avant de m'endormir :
Il m'a fallu plus d'un an, et de nombreux rêves de la Cité du Soleil, pour comprendre soudainement qu'il s'agissait de Cendrécume !
Je ne rêvais plus de la cité-brouillard depuis longtemps. C'est en comparant mes villes préférées que j'ai discerné les points communs entre les deux cités : c'était toutes les deux des ports où sillonnaient de vieilles ruelles, des petites maisons en pierre leur donnant une allure médiévale. Je n'avais pas échangé Cendrécume pour la Cité du Soleil, j'avais simplement changé de saison !
Cendrécume s'est imposée à une époque où je piétinais dans ma vie. Une fois l'hiver passé, la cité-brouillard s'est éclaircie et repeuplée pour devenir la Cité du Soleil.
Ou alors était-ce tout simplement parce que je vivais à Lille plutôt qu'à Dunkerque ? La mer m'aurait suivi dans mes rêves le temps de border la Cité du Soleil, puis aurait totalement disparu à l'apparition de Limaille ?
Il faudrait sûrement que je m'adresse à un psycho-géographe pour y voir plus clair, mais pour le moment je me contente du plaisir de déambuler dans ces contrées du rêves, avec mon carnet dans la poche, à prendre des photos qui ne restent malheureusement pas dans l'appareil au réveil...
« Certes, un rêve de beignet, c'est un rêve, pas un beignet.
Mais un rêve de voyage, c'est déjà un voyage. »
- Marek Halter
J'ai rêvé cette nuit de la Cité du Soleil, et je me suis rendu compte que c'était peut-être le seul lieu onirique que je n'avais pas encore exploité dans mes textes.
Bien sûr je rêve d'endroits réels, même s'ils sont souvent légèrement différents dans mon sommeil (et ces différences sont constantes dans chaque rêve). Mais il m'arrive aussi de rêver de lieux jusqu'alors inconnus, qui tiennent souvent d'une géographie interne, émotionnelle et psychologique.
Au commencement il y eût Cendrécume, une cité-brouillard qui me poussa à écrire un texte, ma première nouvelle. La ville n'était alors qu'une rue grise peuplée de fantômes. Puis elle est revenue, se précisant à chaque rêve, et se mêlant rapidement à mes textes et à d'autres influences. J'ai écris de nombreuses histoires à son sujet, et je compte bien continuer.
Personne n'allait jamais à Cendrécume, cité-brouillard, port abandonné, ville fantôme de l'hiver, du vide, et de l'oubli.Il y eût aussi Limaille, bric-à-brac architectural à moitié brûlé. Je l'ai développée dans L'OEil Clos, et j'en rêve encore régulièrement.
Nul n'y allait jamais, nul n'en revenait, mais tout le monde savait à quoi elle ressemblait.
Tantôt ville hantée dont on murmurait les histoires autour du feu, tantôt ville-poème dont la mélancolie dégoulinait entre les lèvres des poètes assoupis, Cendrécume occupait l'imaginaire des rêveurs qui savaient lire dans la poussière.
Image tirée du film Sucker Punch
Mais il y a aussi la Cité du Soleil. Elle me semblait être tout le contraire de Cendrécume : des rues animées, des façades dorées (notamment un gigantesque cadran solaire), et sous la cité une rivière d'or en fusion, coeur même de la ville.
Je me souviens très bien de ce premier rêve, je déambulais dans les rues, entre les cracheurs de feux et les jongleurs. Je me demandais ce qui rendait cette cité si belle et brillante. Puis j'arrivais sous la ville, dans ce qui pourrait être des égouts (mais propres !). J'y voyais un courant doré, merveilleux, hypnotique. Je comprenais que c'était le coeur de la cité, la raison de sa vitalité et de sa beauté.
Ce rêve était inspiré par l'espèce de Voie Lactée qui coule sous le monde dans Mushisi, dont j'avais regardé un épisode avant de m'endormir :
Il m'a fallu plus d'un an, et de nombreux rêves de la Cité du Soleil, pour comprendre soudainement qu'il s'agissait de Cendrécume !
Je ne rêvais plus de la cité-brouillard depuis longtemps. C'est en comparant mes villes préférées que j'ai discerné les points communs entre les deux cités : c'était toutes les deux des ports où sillonnaient de vieilles ruelles, des petites maisons en pierre leur donnant une allure médiévale. Je n'avais pas échangé Cendrécume pour la Cité du Soleil, j'avais simplement changé de saison !
Cendrécume s'est imposée à une époque où je piétinais dans ma vie. Une fois l'hiver passé, la cité-brouillard s'est éclaircie et repeuplée pour devenir la Cité du Soleil.
Ou alors était-ce tout simplement parce que je vivais à Lille plutôt qu'à Dunkerque ? La mer m'aurait suivi dans mes rêves le temps de border la Cité du Soleil, puis aurait totalement disparu à l'apparition de Limaille ?
Il faudrait sûrement que je m'adresse à un psycho-géographe pour y voir plus clair, mais pour le moment je me contente du plaisir de déambuler dans ces contrées du rêves, avec mon carnet dans la poche, à prendre des photos qui ne restent malheureusement pas dans l'appareil au réveil...
« Certes, un rêve de beignet, c'est un rêve, pas un beignet.
Mais un rêve de voyage, c'est déjà un voyage. »
- Marek Halter
samedi 17 décembre 2011
Rajeunissement
En 2012, je rajeunis !
J'ai toujours écrit pour moi, sans chercher à atteindre un public particulier. Toutefois, sans forcément le vouloir, de nombreux éléments restreignaient mes textes à un public adulte.
Depuis quelques années, je m'oriente pourtant vers les univers "Jeunesse".
En 2012, je passe officiellement le pas, je deviens pleinement et exclusivement un auteur "Jeunesse".
Qu'est-ce que ça change ?
Eh bien, je laisse mes anciens textes derrière moi, pour commencer. Ma bibliographie reste disponible en archive, mais mon site officiel ne parle plus que de mes textes "Jeunesse".
Je travaille sur Taupe, Gros Moche, et de nombreux autres projets à venir.
N'attendez donc plus de nouvelles fantastiques dans les fanzines et les anthologies. Deux textes viennent de sortir, dans Contes du Monde (éd. du Riez) et dans Malpertuis III. Le texte depuis longtemps prévu pour Freaks Corp sortira peut-être un jour. Ce sont les derniers.
Je ne change pas d'univers pour autant. A part un Taupe exceptionnellement hors-magie, je prévois un retour à la sorcellerie, aux forêts sombres et aux esprits de Cendrécume pour la suite !
J'espère que ceux qui m'ont fidèlement suivi jusqu'ici ne prendront pas cette orientation comme un abandon. Les éléments adultes que j'efface n'étaient pas caractéristiques de mon écriture, qui a toujours été orientée vers le rêve et les contes. D'une certaine manière, j'ai toujours été un auteur "Jeunesse", il fallait juste que je m'en rende compte. ^^
J'ai toujours écrit pour moi, sans chercher à atteindre un public particulier. Toutefois, sans forcément le vouloir, de nombreux éléments restreignaient mes textes à un public adulte.
Depuis quelques années, je m'oriente pourtant vers les univers "Jeunesse".
En 2012, je passe officiellement le pas, je deviens pleinement et exclusivement un auteur "Jeunesse".
Qu'est-ce que ça change ?
Eh bien, je laisse mes anciens textes derrière moi, pour commencer. Ma bibliographie reste disponible en archive, mais mon site officiel ne parle plus que de mes textes "Jeunesse".
Je travaille sur Taupe, Gros Moche, et de nombreux autres projets à venir.
N'attendez donc plus de nouvelles fantastiques dans les fanzines et les anthologies. Deux textes viennent de sortir, dans Contes du Monde (éd. du Riez) et dans Malpertuis III. Le texte depuis longtemps prévu pour Freaks Corp sortira peut-être un jour. Ce sont les derniers.
Je ne change pas d'univers pour autant. A part un Taupe exceptionnellement hors-magie, je prévois un retour à la sorcellerie, aux forêts sombres et aux esprits de Cendrécume pour la suite !
J'espère que ceux qui m'ont fidèlement suivi jusqu'ici ne prendront pas cette orientation comme un abandon. Les éléments adultes que j'efface n'étaient pas caractéristiques de mon écriture, qui a toujours été orientée vers le rêve et les contes. D'une certaine manière, j'ai toujours été un auteur "Jeunesse", il fallait juste que je m'en rende compte. ^^
vendredi 9 décembre 2011
Taupe : questions & réponses
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Taupe !
(s'il manque des questions, posez-les en commentaires ^^)
- Quelles furent tes inspirations ?
Taupe est le croisement de nombreuses choses :
- Quelle musique conseilles-tu d'écouter en lisant Taupe ?
Il faut une musique instrumentale, quelque chose de souterrain.
Je recommande du dark ambient, comme Atrium Carceri (Ptahil), Bad Sector (CMASA, Dolmen Factory), ou Ambre (Enclave).
Sigur Rós (Ágætis Byrjun), de la musique classique, ou une musique de film calme peuvent également convenir.
- Comment s'est déroulée la rédaction de Taupe ?
J'ai commencé par préparer des fiches décrivant les personnages, et un plan des chapitres. J'ai fait plusieurs recherches pour éviter un maximum d'erreurs scientifiques.
La rédaction a eu lieu de mars à août 2011. J'écrivais le dimanche après-midi, en buvant du Thé des Impressionnistes (vanille, jasmin et lavande). Puis j'attendais un jour ou deux pour me relire, et envoyer le chapitre à mon amie Marie, qui me soumettait ensuite ses impitoyables remarques. Je corrigeais le chapitre en fonction de ses remarques, et passait à la suite dès le dimanche suivant.
Je suis retourné en arrière plusieurs fois pour combler des oublis.
A la fin du premier jet, j'ai tout relu, Marie a relu à son tour, et j'ai finalisé la première version, qui fut aussitôt envoyée aux éditeurs (septembre 2011).
Un éditeur a répondu en faisant un compte-rendu détaillé de ce qui ne fonctionnait pas (novembre 2011). Je me suis remis aussitôt au travail afin de traiter chaque point soulevé.
(s'il manque des questions, posez-les en commentaires ^^)
- Quelles furent tes inspirations ?
Taupe est le croisement de nombreuses choses :
- J'ai fait un rêve, il y a des années de ça, où j'étais attaché à une taupe grosse comme un boeuf.
Elle creusait le sol pour atteindre le centre de la planète (ça n'était pas la Terre, mais Orion - celle de Manset).
La planète était mourante, et j'avais été choisi pour descendre au centre afin de l'achever.
Ce rêve me hante toujours. J'ai rédigé plusieurs brouillons de textes le retranscrivant, sans jamais arriver à le saisir. - Je voulais depuis longtemps raconter l'histoire d'un équipage en huis-clos.
Les oeuvres qui ont nourri cette envie sont : Firefly (Joss Whedon), Sunshine (Danny Boyle), StarCraft II, Croisière pour un cadavre, et probablement d'autres. - Le déclencheur a été l'envie de décrire une machine-usine gigantesque.
Cela me vient du Château ambulant, du Voyage de Chihiro (tout ce qui se passe sous les bains), et de Princesse Mononoké (les forges).
Je voulais décrire un organisme mécanique vu de l'intérieur, avec une population le faisant fonctionner. - J'avais également fusionné deux souvenirs de vieux films : une adaptation du Voyage au Centre de la Terre, et L'Aventure intérieure (Joe Dante).
J'étais donc persuadé d'avoir vu un film décrivant une sorte de vaisseau s'aventurant dans des cavernes vers le centre de la Terre.
J'ai décidé d'écrire ma propre version de ce film inexistant.
- Quelle musique conseilles-tu d'écouter en lisant Taupe ?
Il faut une musique instrumentale, quelque chose de souterrain.
Je recommande du dark ambient, comme Atrium Carceri (Ptahil), Bad Sector (CMASA, Dolmen Factory), ou Ambre (Enclave).
Sigur Rós (Ágætis Byrjun), de la musique classique, ou une musique de film calme peuvent également convenir.
- Comment s'est déroulée la rédaction de Taupe ?
J'ai commencé par préparer des fiches décrivant les personnages, et un plan des chapitres. J'ai fait plusieurs recherches pour éviter un maximum d'erreurs scientifiques.
La rédaction a eu lieu de mars à août 2011. J'écrivais le dimanche après-midi, en buvant du Thé des Impressionnistes (vanille, jasmin et lavande). Puis j'attendais un jour ou deux pour me relire, et envoyer le chapitre à mon amie Marie, qui me soumettait ensuite ses impitoyables remarques. Je corrigeais le chapitre en fonction de ses remarques, et passait à la suite dès le dimanche suivant.
Je suis retourné en arrière plusieurs fois pour combler des oublis.
A la fin du premier jet, j'ai tout relu, Marie a relu à son tour, et j'ai finalisé la première version, qui fut aussitôt envoyée aux éditeurs (septembre 2011).
Un éditeur a répondu en faisant un compte-rendu détaillé de ce qui ne fonctionnait pas (novembre 2011). Je me suis remis aussitôt au travail afin de traiter chaque point soulevé.
jeudi 24 novembre 2011
Taupe retourne en corrections
Mon roman Taupe a presque charmé un gros éditeur. J'ai eu
l'honneur d'un coup de fil et de commentaires détaillés sur ce qui ne
fonctionne pas (ça change des lettres type !).
Ils m'incitent à retravailler mon manuscrit selon leurs conseils, et reconsidéreront leur choix selon mes modifications.
Je me remets donc au travail, assisté de Marie Carpentier, ma relectrice acharnée !
Tout cela est très encourageant et enrichissant, avec donc peut-être une belle publication à la clef.
Ils m'incitent à retravailler mon manuscrit selon leurs conseils, et reconsidéreront leur choix selon mes modifications.
Je me remets donc au travail, assisté de Marie Carpentier, ma relectrice acharnée !
Tout cela est très encourageant et enrichissant, avec donc peut-être une belle publication à la clef.
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